AOUT

L’âme et les pieds recouverts de poussière,
Avec sur l’épaule le soleil insupportable,
Je m’en vais de ce pas pour atteindre la mer,
Mais voilà des années que je reste sur la pierre.

Et l’oreille attentive au clairon des chaleurs,
Pour mes objets de famille sans domicile
Je construis une maison sur la vieille terre de roc :
Il n’y a pas de départ, et il n’y a pas de retour.

Au fil de l’automne les herbages s’éteindront,
Le chemin déroulera son silence ;
Est-ce encore en moi que des zèbres erreront:
Les foyers étrangers, le jaune des fenêtres.

Brique après brique : toute la journée je peinerai
Et planterai des fruits par-dessus les mauvaises herbes.
Qu’à ma place quelqu’un d’autre se charge à lustrer
Le comptoir perdu de ma jeunesse.

Ce qu’il me faut à la fin savoir :
Comment vivre avec ce cœur, cet être nomade.
Tout le reste n’est que du sable, de l’écume et du sel
Dont la mer nous berce et nous leurre.

Traduit du bulgare par Mariana Chirova Simmandree

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