LE SEPTIEME JOUR

Six jours de va-et-vient, d’affairement, de bruit :
Tu besognes, tu hales la charrue à l’encontre des souches.
C’est à peine lors du septième que tu plies les genoux :
Déjà tout est chanté, tout est dit jusqu'au dernier souffle.

Et tu cherches une place quelque part entre le thé et midi,
Tu tournes, une petite poussière dans la pupille.
Enfin, tu jettes les soucis comme des éperons sonores
Bien décidé à passer ta vie à dormir.

Mais juste à l’instant où la main s’assoupit,
Où s’engourdit la tête remplie de murmure,
Tu entends de loin quelqu’un forger dans le silence :
il arrache le clou de l’ennui diurne.

Sur l’échelle des octaves, l’abeille descend.
Les tziganes passent à la chaux leurs maisons de charrettes...
Un pain sous le manteau, la vieille doloire à la main,
Tu prends de nouveau les ruelles tortueuses.

Dans le champ, au beau milieu, et sous le midi désolé
Vit l’arbre : devant tu t’arrêtes et prends appui sur tes jambes.
Et tu frappes longtemps, jusqu'au moment où il tombe.
Et ton âme chante, alors que tes yeux versent des larmes.

Traduit du bulgare par Mariana Chirova Simmandree

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