La queue du diable (synopsis)

Cette histoire commence par une prière. Et se termine par une prière. La première est adressée à Dieu. La deuxième, au diable. Entre les deux, Paul, musicien doué, compositeur de talent, homme désordonné et irresponsable.  Un jour il apprend tout à fait par hasard que ses jours sont comptés. Pavel n’est pas croyant, mais pour chacun il arrive un jour où l’on doit implorer la grâce de Dieu. Il adresse une prière au Seigneur. Et sa vie redevient belle jusqu’au jour où par sa faute il perd sa bien-aimée. Pour retrouver son amour Pavel est prêt à tout, même à invoquer le diable. Mais si en priant Dieu, on espère être touché par sa grâce, en invoquant le diable on conclut un pacte. Et alors on peut tout lui demander, mais en échange, il faut bien lui donner quelque chose, or chacun sait ce qu’il demande...

Synopsis

Pour Pavel, un musicien et compositeur de talent désordonné et irresponsable, les revirements de la vie sont chose courante. Après avoir peiné des années durant pour récupérer la maison de son grand-père, nationalisée à l’époque par le régime communiste, au moment où il a déjà perdu tout espoir et s’est résigné à passer le restant de ses jours dans la cellule en béton d’une H.L.M., il se voit restituer la maison dont il rêvait comme de la terre promise. La vie est belle, il a à ses côtés la femme qu’il aime et qui vit avec lui depuis huit ans : Sonia, jeune cantatrice, qui vient de gagner un concours pour le rôle de Carmen à l’Opéra.

Mais un geste irréfléchi pulvérise ce bonheur précaire : Pavel apprend soudain que ses jours sont comptés.

Que reste-t-il à un homme condamné? Il arrive toujours un moment dans la vie où l’homme ne peut compter que sur la grâce de Dieu. Sans être croyant, Pavel décide que c’est la seule chose qui lui reste à faire. La prière apporte la paix et la sérénité dans son âme. Le monde se remet de nouveau à l’endroit. Jusqu’à ce qu’une aventure passagère fasse de nouveau tout basculer. Pavel part avec l’équipe de tournage d’un documentaire consacré à un village de haute montagne abandonné, film dont il doit écrire la musique. L’assistante de la réalisatrice, Marta, est une jeune fille belle et sympathique. Commence alors avec elle. Mais en rentrant à Sofia, au lieu d’oublier cette histoire, il appelle Marta et l’emmène voir le spectacle où Sonia joue son premier grand rôle. En voyant Marta dans le foyer de l’Opéra, vêtue d’une longue robe du soir avec un décolleté époustouflant, Pavel se rend compte que cette beauté éblouissante n’est pas pour un soir. Dans un élan de folie, au lieu d’attendre Sonia à la fin du spectacle pour l’amener au restaurant où il a retenu une table, Pavel passe la soirée avec Marta et finalement, complètement rond, l’emmène chez lui. Le lendemain Sonia les trouve dans le lit. Pavel comprend que c’est la fin de son grand amour.

A cause d’une amourette sans lendemain, Pavel perdra la femme qu’il aime et qui partage sa vie depuis huit ans. C’est à ce moment seulement qu’il réalise que Sonia représente tout pour lui. Il est prêt à tout pour retrouver l’amour de Sonia. Mais apparemment, la rupture est définitive.

Pendant son séjour au village, Pavel a appris une tradition bizarre selon laquelle on peut conclure un pacte avec le diable. Après un moment de résignation Pavel décide d’agir et prêt à tout pour retrouver l’amour de Sonia, il va très loin, il pactise avec le diable.

Pendant tout ce temps il n’arrête pas de travailler. La musique qu’il compose pour le documentaire reflète toutes les vicissitudes de sa vie. Elle est comme son destin: divine et diabolique.

Finalement Pavel parvient à se faire pardonner par Sonia. Mais il doit payer le prix de son pacte avec le diable. Et ce prix est très élevé...

Note du réalisateur

Est-ce qu’un homme bon et honnête peut commettre un acte odieux?

Peut-on blesser quelqu’un qu’on aime tendrement?

Peut-on croire en Dieu et prier le diable?

Oui.

Je suis d’avis qu’un film doit raconter une histoire simple qui peut arriver n’importe où et être comprise partout dans le monde. Mais je pense également que cette histoire doit être racontée de façon originale, unique.

Je pense que le vrai travail du scénariste et du réalisateur ne consiste pas à inventer des sujets nouveaux, mais bien plus de reprendre, et ainsi de revisiter et de redécouvrir, les quelques grands sujets qui préoccupent l’homme depuis toujours: l’Amour et la Jalousie, l’Adultère, le Pouvoir, l’Argent... la Vie et la Mort. Les sujets des Mystères des Grecs anciens.

Comme sur la lame du rasoir, ce film glisse sur l’étroite charnière entre deux réalités. D’un côté le train-train quotidien où Pavel vit, joue, aime la femme de sa vie et la trompe sans s’encombrer de trop de remords. De l’autre, la réalité que la foi fait apparaître. La foi en Dieu ou... en Satan. Dans le quotidien l’aventure amoureuse n’est qu’un simple adultère. Dans l’autre réalité, c’est un péché.

Ce qui arrive dans le monde ordinaire est simple et sans équivoque: un caïd de la maffia veut s’approprier la maison qui vient d’être restituée à Pavel et il ne choisit pas ses moyens: s’il ne peut l’obtenir avec de l’argent, il supprimera l’homme qui le gêne. Ce qui arrive dans l’autre réalité est tout à fait différent. Pavel a conclu un pacte avec le diable pour retrouver l’amour perdu. Son vœux est exaucé. Et c’est alors qu’apparaît un homme étrange, tout de noir vêtu.

L’imagination fébrile d’un homme doué, mais désespéré, enfante des images démoniaques et divines. A la frontière du réel ces images se confondent avec celles de la vie de tous les jours en créant un univers insolite où Dieu et le diable cohabitent. Pour Pavel qui est compositeur, la musique est la seule qui peut exprimer ce qu’il ressent. Et sa musique est divine et diabolique.

Ce film reprend les images les plus anciennes que l’homme emploie pour définir le Bien et le Mal. Mais il les transpose sur la réalité d’une façon originale pour raconter avec émotion un des mystères les plus anciens: le mystère de l’homme déchiré entre Dieu et le diable.

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