Separation

Je pars loin de tes yeux.
Ainsi les marins quittent
le plus beau des ports…

Je pars loin de tes yeux.
Fuyant le désert soudain
des miroirs magiques,
qui me représentaient
comme un dieu tout puissant et fort,
ou crédule, comme le garçon azuréen
qui avait cru la fée des contes.

Maintenant,
Je suis égal à moi-même.
Bon et mauvais
au même instant.
Seule la liberté m’enivre!

Je pars loin de tes yeux.
Dans les rafales tourbillonne une valse.
Le nuage de chants d’oiseaux
disparaît dans des cieux étrangers.
Je ne veux rien me rappeler.
Je ne puis rien oublier.

Ta voix profonde.
Et ton corps mélodieux de guitare.
Si je t’effleure encore,
tu résonneras de tes cordes aux sept couleurs!

Tes larmes
Fuient comme des mille-pattes.
Et tu demeures.
Sombrant dans un «adieu» bleuté.

Je pars loin de tes yeux.
Mais, mon Dieu,
pourquoi lorsque je pars,
je jette dedans les pièces du soleil?
Pourtant, je ne veux pas revenir?

Traduit du bulgare par Marie Vrinat

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