Konstantin Konstantinov

Konstantin Konstantinov est né en 1890 dans une famille d’enseignants de la ville de Sliven, située dans Sud-Est de la Bulgarie. Il fait ses études secondaires au lycée de sa ville natale où il découvre le théâtre. Il fait ensuite des études de droit à l’Université de Sofia et collabore à des revues littéraires. A 21 ans, il fait un premier séjour à Paris. A son retour, il commence une carrière de magistrat qu'il mène parallèlement à ses activités littéraires.

Il est rapidement intégré aux cercles artistiques et participe avec quelques amis à la fondation de la revue "Zveno" (Chaînon). Créée en 1914 avec peu de moyens, la publication repose sur l’enthousiasme de sa rédaction. Elle réunit dans ses pages une constellation de talents et acquiert rapidement une certaine notoriété. Mais la Bulgarie se débat dans les tourments de la guerre et la revue est éphémère. Elle marque cependant la transition entre deux époques comme l'indique symboliquement son titre. Née à un moment dramatique, elle jette des ponts entre les traditions d'une époque déjà révolue, paisible mais fructueuse en recherches artistiques, et les aspirations d'une nouvelle génération à l'avenir encore imprécis.

Konstantin Konstantinov reste fidèle aux idées de ce cercle d'amis de jeunesse, ce qui donne une coloration particulière à son œuvre, empreinte à la fois de la spécificité bulgare et des tendances modernistes venues d’Occident. Ses essais et récits («Jour après jour», «Une nuit» «Hôtel Niagara», «Cendre», etc.), enchantent les lecteurs bulgares par leur finesse psychologique, leur style limpide et captivant.

Ses mémoires intitulés « Chemin à travers les années» publiés en 1950, très appréciés par les lecteurs, révèlent un observateur attentif, à l'esprit curieux et cultivé. Histoire personnelle d’un quart de siècle de vie culturelle, l’ouvrage brosse un tableau vivant de la ville natale de l’auteur, décrit l’éveil de Sofia, fraîchement promue au rang de capitale, et esquisse le portrait des protagonistes de la vie artistique bulgare.

Konstantin Konstatinov a aussi laissé, dans la tradition d’Aleko Konstantinov[1], des pages émouvantes inspirées de ses escapades à travers la Bulgarie et de ses séjours dans les grandes villes européennes, plus particulièrement en France et à Paris, dont il était un grand admirateur.

Son œuvre confirme le tournant qui s’opère dans l’entre-deux-guerres quand les thèmes citadins et intimistes se retrouvent au centre des recherches des écrivains bulgares.

Ralitsa Frison-Roche

[1] Aleko Konstantinov (1863-1897) - auteur de récits et d’essais, créateur de «Baï Ganiou», l’un des personnages les plus connus de la littérature bulgare.

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